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Vitesse et plaisir

Tout sur le chemin de fer réel !

Modérateur: MOD

Vitesse et plaisir

Publié: Mer 17 Oct 2018, 08:56 
Je le confesse volontiers: j'ai toujours aimé la vitesse, et ce depuis mon enfance, que ce soit en voiture, à ski, même en voilier, et bien sûr en train. Je sens immédiatement une frustration quand le train ralenti en pleine voie.

Je voulais poser la question aux nombreux conducteurs de trains présents sur ce forum: prenez vous (ou avez vous pris) aussi plaisir à rouler vite ou bien tous les aspects professionnels prennent-il le dessus, rendant bal et "insipide" la conduite?
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Pierre bis
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Re: Vitesse et plaisir

Publié: Mer 17 Oct 2018, 09:02 
Pierre, y aurait-il un aspect transgressif dans ton "amour" de la vitesse ?
Si oui, bien que n'étant pas conducteur, je pense que ce "plaisir" n'est, sinon impossible, du moins fort peu recommandable...
MCC

C'è sempre una soluzione
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Sero
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Re: Vitesse et plaisir

Publié: Mer 17 Oct 2018, 10:01 
Hum, ayant fréquenté souvent les cabines de conduite sur le TGV Sud-Est,j'ai connu des conducteurs "chevronnés" qui aimait bien en cas de retard de "tirer au trait" sans recours à la vitesse imposé. Plaisir de la vitesse, non, mais respect de la régularité avec satisfaction, donc le plaisir du travail bien fait.
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Re: Vitesse et plaisir

Publié: Mer 17 Oct 2018, 10:38 
Lire, à ce propos, les souvenirs du tramways de Marseille de Pagnol où il raconte la sensation de vitesse qu'il ressent à se mettre à côté du machiniste...Et pourtant le tramways de Marseille, comme tous les tramways des années 1900, ne devait pas aller très vite...

Pour ma part, j'aime la vitesse mais je l'ai tjs bannie de la conduite auto. Mes plus grandes sensations de vitesse, je les ai eues en avion, au décollage ou en train.

Le bonheur, avec le train est double : faire de la vitesse en sécurité et ce glissement sur le rail quasi-miraculeux qui me fait oublier la pesanteur et la rugosité terrestre, sensations que je trouve détestables et déprimantes... 8)
On est mieux en époque 2
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Starluc
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Re: Vitesse et plaisir

Publié: Mer 17 Oct 2018, 11:08 
Et dans tous les cas, on ne doit jamais confondre vitesse et precipitation. :mdr2:
L'essentiel:Se faire plaisir!
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Re: Vitesse et plaisir

Publié: Mer 17 Oct 2018, 11:15 
Starluc a écrit: . . . ] la pesanteur et la rugosité terrestre, sensations que je trouve détestables et déprimantes... 8)

C'est justement cet aspect de notre planète qui fait que j'évite la vitesse à skis, au contraire de Pierre bis :!: :oops:
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Re: Vitesse et plaisir

Publié: Mer 17 Oct 2018, 12:06 
Plaisir, pour un conducteur qui aime son métier et qui, durant toute sa carrière n'a jamais eu l'impression d'aller travailler puisque faisant un métier qu'il a choisi, pourquoi pas? Mais sans aucune connotation obsessionnelle. De toute ma carrière, j'ai trouvé que la catégorie de train demandant une attention permanente et sans faille a été la banlieue. Toujours au taquet, les arrêts fréquents et la vitesse. Un Paris Rambouillet avec trois Z 5100, c'était " sport ".
Au service de vitesse, les trains les plus prestigieux n'étaient pas les plus difficiles. Un 149 ( le Goéland ), sans arrêt de Paris à Rennes, surveillé comme le lait sur le feu, était plus " tranquille " qu'un autre marquant de nombreux arrêts intermédiaires.
Plaisir ou satisfaction d'avoir amené son convoi à l'heure, assurément! A l'inverse, la frustration pouvait être assez désagréable dans certains cas. En retard par exemple à la suite de je ne sais quelle raison, galoper sur des centaines de kilomètres, être à l'heure peu avant l'arrivée, et trouver le dernier signal avant d'entrer à Montparnasse fermé pour voir traverser la manoeuvre, alors oui, c'est frustrant.
Par contre, la vitesse, c'est grisant, et on s'y habitue vite. Rouler à 30 sur un chantier en l'ayant abordé à 160 paraît bien plus lent que de l'avoir abordé à 80.
Par goût, j'aimais bien un 149, mais je lui préférais un Paris Nantes avec arrêt à Chartres, Le Mans, Sablé ( gare abordée à 160 ), Angers et Ancenis.
Gilles74
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Re: Vitesse et plaisir

Publié: Mer 17 Oct 2018, 12:46 
Starluc a écrit:Lire, à ce propos, les souvenirs du tramways de Marseille de Pagnol où il raconte la sensation de vitesse qu'il ressent à se mettre à côté du machiniste...Et pourtant le tramways de Marseille, comme tous les tramways des années 1900, ne devait pas aller très vite...



C'est toute la question du sentiment de vitesse, pas forcément liée à la vitesse pure. Nous parlions de ski. J'ai eu l'occasion de faire une fois un peu de vitesse pure chronométrée, d'ailleurs très limitée puisque je n'ai pas dépassé 120 km/h, mais le simple fait de mettre un casque diminuait la sensation de vitesse alors que, sur les piste ouverte ou l'on prend assez vite 70/80 la tête à l'air on ressent pleinement la vitesse. De même en Karting à 90 km/h sans suspension sur une piste de 4m de large on ressent plus la vitesse qu'à 200 km/h dans une berline sur une autoroute (allemande of course :ange3: ). En train mes plus grands sentiments de vitesse, dont j'ai déjà eu l'occasion de parler, on été ressenti non pas dans les TGV mais dans les Z5100 de mon enfance lancées à fond dans les sauts de mouton de Porchefontaine.
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Pierre bis
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Re: Vitesse et plaisir

Publié: Mer 17 Oct 2018, 12:49 
Pierre bis a écrit: …….Je voulais poser la question aux nombreux conducteurs de trains présents sur ce forum: prenez vous (ou avez vous pris) aussi plaisir à rouler vite ou bien tous les aspects professionnels prennent-il le dessus, rendant bal et "insipide" la conduite?

Bonjour

Bien sûr, rouler vite était un reel plaisir mais avec deux réserves :
- La tension nerveuse était plus grande
- Les emmerdes arrivaient plus vite.....et plus fort

Ceci dit, "faire" un marchandises RO bien lourd, à l'heure sur une ligne difficile était aussi un sacré sport bien agréable…..(Il n'y avait pas la VI à mon époque, tout aux crans)

D'accord avec Gilles 64, les trains de Banlieues c'était aussi "Rock and Roll"

Pascal
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Scotwald
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Re: Vitesse et plaisir

Publié: Mer 17 Oct 2018, 14:46 
Quand j'ai passé mon permis moto à 57 ans, la fougue de la jeunesse bien atténuée, j'ai eu l'occasion de tester la sensation de vitesse. Alors que je m'escrimais à bien négocier le slalom "rapide", à un moment, j'ai eu une sensation de vitesse. J'ai prudemment baissé les yeux un bref instant vers les cadrans, n'osant à peine ne plus regarder la piste. Je roulais à 40 km/h :mrgreen:
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Re: Vitesse et plaisir

Publié: Jeu 18 Oct 2018, 21:23 
Scotwald a écrit:Bonjour

Bien sûr, rouler vite était un reel plaisir mais avec deux réserves :
- La tension nerveuse était plus grande
- Les emmerdes arrivaient plus vite.....et plus fort


Très bien résumé, la vitesse pouvait etre un plaisir, mais le vrai plaisir était de faire un train au maximum de la vitesse possible en utilisant le profil sans jamais freiner.
Sur un TGV Paris-Marseille, le seul coup de frein pouvait etre celui pour respecter le 30 km/h en arrivant a St Charles, le reste était fait aux vitesses maxi mais sans jamais utiliser le frein ou le rhéostatique. Là il y a avait une certaine satisfaction.
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Vinces
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Re: Vitesse et plaisir

Publié: Jeu 18 Oct 2018, 22:07 
Bonsoir,

Je partage la satisfaction de ce genre d'expérience avec Vinces, non pas sur cette ligne TGV, qui n'était pas du secteur où je m'activais, mais sur le "grand sud" (Nice-Bordeaux), entre autres exemples.
Avec 8 pièces et 3h15 d'allouées entre Marseille et Toulouse, on pouvait faire l'heure en recourant au frein automatique sur les deux seuls arrêts prévus de Montpellier et Toulouse. (marche sans perturbations).
Tous les autres points singuliers (assez nombreux sur cet itinéraire), se négociaient sur l'erre, sachant que l'inertie de cette rame à la composition modeste était faible par rapport à des trains beaucoup plus lourds .

Pour répondre à la question du début, et pour ma part, l'impression de vitesse, notion relative dans sa sensation, comme il a été dit, s'associait à l'environnement.
L'été, toutes fenêtres ouvertes, débouler dans le fracas des aiguilles à 130, ou 140 km/h sur une 2D2 5500 dans les avants gares de Juvisy, (sens pair), ou Miramas, (sens impair) pouvait donner une réelle impression de vitesse.

Aborder le quai de Libourne à 125 km/h, (en cas de retard), avec une U.M. de TGV Atlantique, (rien d'extraordinaire : 1 bar de dépression), et s'arrêter en douceur sur le crocodile du signal en bout de quai était également assez "jouissif".

Bref, la routine pour tous ceux qui ont partagé ces conduites au cordeau que les anciens nous avaient inculquées... et qui, aujourd'hui paraissent reléguées dans les vieilleries dont il ne faut plus du tout s'inspirer. (sauf peut être les conduites économiques).

A bientôt !
Dernière édition par Occitan le Jeu 18 Oct 2018, 22:48, édité 1 fois au total.
Occitan
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Re: Vitesse et plaisir

Publié: Jeu 18 Oct 2018, 22:39 
Faire Strasbourg - Paris (502 km) avec derrière la 16500 une douzaine de pièces et faire tout le trajet sans un seul coup de frein hormis le 30 d'entrée en gare de Paris-Est, tout ça en 3 heures 55, c'est du sport, du travail fin pour les changements des taux de vitesse, un grand plaisir à l'arrivée (bon c'est aussi une satisfaction d'être arrivé et de pouvoir remettre les pieds sur le plancher des vaches et profiter d'un peu de silence)
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Re: Vitesse et plaisir

Publié: Ven 19 Oct 2018, 03:13 
Woessner a écrit:Faire Strasbourg - Paris (502 km) avec derrière la 16500 une douzaine de pièces et faire tout le trajet sans un seul coup de frein hormis le 30 d'entrée en gare de Paris-Est, tout ça en 3 heures 55, c'est du sport, du travail fin pour les changements des taux de vitesse, un grand plaisir à l'arrivée (bon c'est aussi une satisfaction d'être arrivé et de pouvoir remettre les pieds sur le plancher des vaches et profiter d'un peu de silence)

Je faisais souvent des P18000 direct Metz-Paris ou Paris-Metz en BB16500 avec également une douzaine de caisses.....ça secouait comme dans une essoreuse à linge à 140 Km/h et le bruit.....chauds les patates :? :? J'ai gardé de cette période, un disque lombaire bousillé et des acouphènes permanents. Mais bon, j'adorais ça à l'époque :D :D

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Re: Vitesse et plaisir

Publié: Ven 19 Oct 2018, 08:02 
Pour rebondir sur les propos de Pierre bis et d'Occitan, l'impression de vitesse est primordiale. Aucune comparaison entre rouler à 160 entre Angers et Nantes, ligne bien tracés, et quitter Versailles Chantiers vers Paris, sur la voie 2 , avec des Z5100! Dans ce cas, il fallait tractionner à fond, couper au bon moment pour être assuré de passer juste à 110 dans le trou sous les voies impaires, et re tractionner à fond pour la courte rampe vers Viroflay. L'été, vitres ouvertes, le fracas de ces Z se répercutait sur les deux murs des sauts de mouton de chaque côté... Là on avait l'impression de rouler!
Moins rapide, mais traverser Valenton signaux ouverts ( là c'était vraiment très, très rare ), à 60, sur les aiguilles, secoué, avec un trafic dans tous les sens, ça avait beau ne pas rouler vite, l'impression était là!
Comme l'a aussi écrit Scotwald, on aimait ça! Ca peut paraitre paradoxal, mais se faire secouer dans une 25500 première série avec les amortisseurs à friction, ça donnait des sensations incomparables!
Et pour compléter les propos d'Occitan, on était habitués à rouler à fond, en tenant compte du profil, sans freiner, et si possible souvent "au trait"! D'ailleurs un conducteur roulant systématiquement 5 à 10 km/h sous le maxi, même en retard, n'aurait pas tardé d'avoir la visite de son CTRA ( Chef traction ), et aurait vite adopté la réputation de "pétochard", ce qui lui aurait barré la route au service de vitesse! J'en ai connu qui n'aimaient pas la vitesse, les 80 à 100 Km/h de la Grande Ceinture représentaient pour eux le maximum.
Gilles74
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