Consommations des anciens trains vapeur

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Mistral73
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Re: Consommations des anciens trains vapeur

Message par Mistral73 » mar. 16 oct. 2018, 19:22

Bsr,

Quelques exemples de la consommation kilométrique (moyenne annuelle) des machines de CASO.

-232 R: 22,70 kg
-232 S: 19,98
-232 U: 17,72
-2-231 C: 18,17
-2-150 B: 27,83
-150 P: 26,01
-2-141 TC: 24,57

On constate que les 232 R à simple expansion sont plus gourmandes (c'est logique) que leurs cousines 232 S compound.

Source: Document SNCF.

Cdt,
Modifié en dernier par Mistral73 le mar. 16 oct. 2018, 22:41, modifié 1 fois.

bjpaul
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Re: Consommations des anciens trains vapeur

Message par bjpaul » mar. 16 oct. 2018, 22:10

Bonsoir,
Très intéressant, effectivement : à puissance et service à peu près égaux, on retrouve en gros les "15 %" de surconsommation entre la simple expansion et le mode compound. Et l'on retrouve en tête des consommations les séries lourdement sollicitées par du trafic lourd (Décapod) ou des services à démarrages énergiques fréquents (141 TC)... Et Dieu sait que les 141 TC arrachaient ferme au démarrage ! (Je me rappelle de quelques sprints, démarrage arrêté, entre Saint-Denis et Paris, et entre des banlieues Creil en 16500 et des Persan/Pontoise en TC : les TC démarraient plus fort sur les 200 à 300 premiers mètres, ce après quoi la 16500 reprenait, puissance globale oblige, la tête).
Bien amicalement,
Jean-Paul

L'Teugnat
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Re: Consommations des anciens trains vapeur

Message par L'Teugnat » mer. 17 oct. 2018, 17:38

Bsr
Sans trop se shooter aux consos kilométriques voici quelques valeurs pour des parcs suffisamment importants et ayant un service soutenu; ces valeurs concernent l'ensemble de l'année 1949 où le service avait retrouvé enfin une activité normale
toutes 231 Dijon Perrigny 15,5 kg
240 P Laroche 24,9 kg
141 P Vénissieux 20,6 kg
141 R Nevers 29,5 kg
141 R ensemble SNCF 30,2 kg
La poignée de 241 P de Perrigny consommait encore un peu moins que les "6000"!!! Là je doute quand même
La consommation kilométrique n'étant pas très pertinente (ici on dira qu'une R consomme 2 fois plus qu'une Pacific compound et pas 15% de plus!) pour comparer entre elles des séries ayant un service différent ou une même série dans plusieurs dépôt on "stastistiquait" alors la conso aux 100 TKBR ou Tonnes Kilométriques Brutes Remorquées; au moins là on cherchait à rapprocher consommation et production; mais cela a encore des limites
Pour les séries/dépôts ci-dessus les écarts se referment un peu mais ces pauvres 240 P qui me semblent déjà ne pas trop se comporter en compound vis à vis de la conso kilométrique par rapport aux autres citées consommaient encore presque autant que les R aux 100TKBR

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Re: Consommations des anciens trains vapeur

Message par 230 k » mer. 17 oct. 2018, 18:30

Serait intéressant de connaitre les tonnages tractés par rapport aux lignes parcourues .... Les 240 p étaient affectées à des lignes difficiles me semble t-il ...

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Re: Consommations des anciens trains vapeur

Message par Jielcé76 » dim. 21 oct. 2018, 09:07

Bonjour tous,

Aux tous premiers temps du chemin de fer, les questions soulevées par André49 étaient déjà d' actualité.
Les valeurs élevées recueillies dans les tableaux qui suivent doivent être relativisées au regard de celles mentionnées pour les machines de l' ère Chapelon, leurs caractéristiques techniques n' étant pas comparables.
On notera également que le coke était couramment utilisé.
Cependant, je me demande pourquoi les consommations hivernales sont 10% supérieures à celles de l' été. Humidité accidentelle?
Dans un ouvrage de référence de l' époque, le "guide du mécanicien" de 1859, on peut y lire ceci:

ImageImageImage
Fichiers joints
imge882.jpg
imge883.jpg
imge884.jpg

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Re: Consommations des anciens trains vapeur

Message par bjpaul » dim. 21 oct. 2018, 09:49

Bonjour,
Concernant l'augmentation de consommation liée à l'hiver, si l'explication peut en être trouvée ultérieurement, à l'époque "moderne" par le surcroît éventuel de consommation de vapeur dû à l'éventuel chauffage des trains par la vapeur, ce ne pouvait être le cas en 1859 où, au mieux, on se chauffait par des bouillottes :wink: Mais... L'hiver, l'eau prélevée au tender est un peu plus froide, les pertes de chaleur par différence de température entre chaudière et milieu extérieur un peu plus élevées. Tout ceci étant probablement loin de justifier une surconsommation de 10 % (la chaleur à fournir pour réchauffer l'eau liquide étant faible en regard de la chaleur de vaporisation)... Mais, comme tu le soulignes très justement, on chauffait fréquemment au coke en 1859. Or le coke, très poreux, prend facilement l'eau. Et ce jusqu'à des teneurs adsorbées conséquentes.. Donc, je pense qu'il faut rendre hommage à ton flair !! :applause:
Bien amicalement !
Jean-Paul

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Re: Consommations des anciens trains vapeur

Message par Mistral73 » jeu. 10 janv. 2019, 19:18

Bsr,

Nous avons évoqué la consommation kilométrique en combustible et en eau, mais qu'elle était celle en lubrifiant?
En effet, Il fallait bien graisser les pièces en mouvement, donc consommation!
Avez-vous une idée de cette consommation kilométrique?

Pour info, une machine dont les graisseurs étaient bien réglés, pouvait parcourir 500 km, sans ajout d'huile.

Cdt,

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Re: Consommations des anciens trains vapeur

Message par bjpaul » jeu. 10 janv. 2019, 20:17

Bonsoir !
Très très bonne question, mon cher Mistral !! :?
J'm'en vais farfouiller un peu !!! :wink:
Bien amicalement !
Jean-Paul

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Re: Consommations des anciens trains vapeur

Message par L'Teugnat » jeu. 10 janv. 2019, 20:58

Bsr
Pour l'ensemble du parc Sud-Est fin des années 40 la consommation moyenne kilométrique était de 34/35 gr, comprenant donc huile surchauffe et huile mouvement
Pour les seules 141R du SE à la même période la conso était de 32 à 33gr, ce qui est logique car simple expansion plus graissage mécanique de très nombreux organes
Même source SNCF que les chiffres de conso charbon donnés ci-dessus le 17 octobre

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Re: Consommations des anciens trains vapeur

Message par Jielcé76 » jeu. 10 janv. 2019, 22:47

Bonsoir tous,

A-t-on une idée de la proportion de chacun des deux types d' huile?
La consommation d' huile mouvement devait quant à elle augmenter au fur et à mesure des milliers de kilomètres et de l' augmentation des jeux.

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Re: Consommations des anciens trains vapeur

Message par Mistral73 » jeu. 10 janv. 2019, 23:22

Jielcé76 a écrit :Bonsoir tous,

La consommation d' huile mouvement devait quant à elle augmenter au fur et à mesure des milliers de kilomètres et de l' augmentation des jeux.
Bsr,

C'est certain, mais le jeu hors tolérance était signalé par le mécanicien et repris immédiatement par l'atelier.

Cdt,

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Re: Consommations des anciens trains vapeur

Message par Jielcé76 » ven. 11 janv. 2019, 09:18

Bonjour tous

J' ai oublié qu' à l' époque, ce que nous appelons aujourd'hui la maintenance avait un autre sens.

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Re: Consommations des anciens trains vapeur

Message par Patlantic » ven. 11 janv. 2019, 09:54

.

Discussion et documentation très intéressantes.

:applause: :applause: :applause:

Merci à ceux qui alimentent ce fil ! :D
Pat l'antique

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Re: Consommations des anciens trains vapeur

Message par L'Teugnat » ven. 11 janv. 2019, 13:58

Bjr
pour répondre à Jielcé malheureusement ces statistiques ne donnent pas la répartition mouvement/surchauffe
mais regarde dans le cours MT Ouest il me semble de mémoire que des formules sont données
Pour l'influence de l'accroissement des jeux sur la consommation d'huile celle ci est nulle
En effet pour tous les types de graisseurs: à siphon capillaire, à mèche,à pointeau, à épinglette dont les débits sont plus ou moins aléatoires (le pire étant les mèches) les jeux mécaniques des organes graissés ne sont pas un paramètre de débit; le premier paramètre influençant le débit est la viscosité donc la température et la nature de l'huile
Pour les graisseurs mécaniques idem ainsi que les graisseurs à condensation (à débit bien aléatoire eux aussi)
Les graisseurs mécaniques avaient chacun de leurs départs plombés après révision et une fiche suiveuse accompagnait ce graisseur avec les valeurs de débit de chaque départ; au levage le graisseur repartait en révision et "personne" ne devait violer les plombages entre 2 levages (sauf si anomalie sur un organe avec signalement bien sûr); donc là aussi débits constants entre 2 levages
Mais l'augmentation des jeux, provoquée par l'usure peut conduire à une dégradation du graissage; par exemple des pattes d'araignée insuffisamment profondes qui vont disparaitre dans certaines zones, ou l'usure des joues des coussinets (bielles ou boites) qui va permettre un débouché des pattes d'araignée vers l'extérieur et donc un défaut de graissage
Ces défauts de graissage conduisaient à des hausses lentes et progressives de température; les mécaniciens, toujours vigilants là dessus, avaient (pour les "bons") leurs boites personnelles d'épinglettes et en plaçaient une de diamètre inférieur s'ils trouvaient le palier un peu trop chaud; ou ils refaisaient un complément de graissage sur l'organe en question; là pouvait indirectement par la conscience professionnelle se retrouver un impact de l'usure (c'est à dire des jeux); ceci était vrai en machines titulaires; largement atténué avec la banalisation et surtout avec les R où la robustesse et l'excellence de ces machines ne nécessitaient plus cette vigilance constante et ces "petits soins" permanents
Enfin pour l'anecdote à l'époque où les dépôts accueillaient un centre d'apprentissage les anciens de l'atelier se moquaient gentiment de la qualité "tip top" de la machine sortie par les arpètes de 3éme année et leurs disaient; tu verras une machine à vapeur c'est "du jeu et de l'huile"

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Re: Consommations des anciens trains vapeur

Message par Jielcé76 » ven. 11 janv. 2019, 21:56

Merci pour ces précisions, on dirait du vécu!
Qu' elle soit de "surchauffe", c' est à dire destinée à lubrifier à minima les cylindres ou de "mouvement", soit tout ce qui touche aux bielles, biellettes et glissières diverses, ces deux types d' huile finissaient dans les fumées pour le premier type et sur le ballast pour le second.
C' est seulement sur la fin de la vapeur, avec l' arrivée des machines modernes équipées de roulements à rouleaux que la consommation a dû baisser notoirement.
Mais une fois encore, il n' est pas inutile de rappeler que les mécaniciens titulaires de leur machine devaient optimiser leur consommation grâce aux soins constants qu' ils prodiguaient à "leur" machine.
Et n' oublions pas la prime sonnante et trébuchante qui accompagnait les économies de ce liquide coûteux.

A ce sujet, j' ai lu quelque part que les mécaniciens achetaient leur huile. Coutume locale ?

Il est vrai qu' à cette époque, les dessinateurs industriels achetaient leur boite de compas.

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