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Où il est question de trains, petits et grands

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Démarrer en électronique

Ici, c'est l'électricité, l'électronique, l'alimentation - analogique ou "digitale" - etc.

Modérateur: MOD

Re: Démarrer en électronique

Publié: Jeu 02 Juin 2016, 09:18 
Toujours pour répondre aux attentes qui ont été exprimées, le cours que nous commençons aujourd'hui portera sur les capteurs, ces composants électroniques que l'ont peut disposer sur un réseau miniature pour envoyer des informations à un montage électronique (avec ou sans µC) qui produira en retour un effet sur le réseau.

Les capteurs

Pratiquement toutes les grandeurs physiques peuvent être mesurées par un moyen électronique et le résultat peut être exploité pour animer une animation de réseau miniature ou bien un automatisme. Nous avons déjà donné quelques exemples dans la première partie de ce cours d’électronique classique.

Comme nous l’avons dit également dans le cours « Démarrer en électronique programmable », les capteurs sont situés sur le réseau, analysés par un ou plusieurs modules Arduino, lesquels agissent pour créer des événements sur le réseau. Cette solution faisant appel à des microcontrôleurs est souvent la plus simple et la plus économique pour obtenir le résultat souhaité.

Ce chapitre va donc passer en revue un certain nombre de capteurs que vous pourrez utiliser dans des montages électroniques ou avec des modules Arduino pour donner vie à votre réseau. Certains de ces capteurs ont déjà été traités, aussi nous nous contenterons de rappeler à quel endroit des deux cours vous pouvez les retrouver pour avoir plus de détails et des exemples d’application ; l’abréviation EC signifiera le cours d’électronique classique (à composants discrets) encore appelé « Démarrer en électronique » et l’abréviation EP signifiera le cours d’électronique programmable encore appelé « Démarrer en électronique programmable » et situé dans le sous-forum Arduino. Nous citerons des numéros de figures car celles-ci se repèrent bien mais les explications qui vont avec sont aussi d’un grand intérêt.

Capteurs à contact

Un simple bouton poussoir est un capteur : il capte le mouvement de votre doigt qui appuie dessus pour provoquer une action. Cet appui ferme un circuit électrique, permettant au courant de passer et ce passage de courant est exploité dans le montage électronique.

Souvent ce bouton poussoir (B/P) est monté avec une résistance de pull-up ou pull-down, comme indiqué par la figure 13 du cours EP ; dans ce cas, un appui fait basculer d’un état (LOW ou HIGH) vers l’état opposé. C’est ce qui est exploité par le microcontrôleur (µC). Relier un B/P à un module Arduino est très simple puisqu’il existe un mode avec résistance de pull-up incorporée, comme le montre la figure 16 du cours EP.

Un B/P utilise donc une entrée du module, mais plusieurs solutions existent pour économiser le nombre d’entrées quand on veut utiliser plusieurs B/P avec un µC : montage en matrice (figure 17 du cours EP) ou en diviseur de tension (figure 18 du cours EP donnée pour des ILS (voir plus bas)).

Dans le même genre que le B/P, on peut citer l’interrupteur qui a la propriété de garder la position d’appui jusqu’à ce qu’on le manipule à nouveau pour lui faire retrouver la position précédente. On peut aussi citer le micro-switch (poussoir muni d’une longue tige comme le montre la figure 151) souvent utilisé pour repérer les fins de course de mouvement dans un montage mécanique (barrières de passage à niveau par exemple).

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Sur un réseau, pour repérer la position d’un train, on peut utiliser la pédale de voie (accessoire proposé par les industriels fabriquant des voies) qui ferme un contact à chaque passage d’essieu, c’est-à-dire trop souvent lorsqu’il s’agit de repérer un train. C’est pourquoi on utilise plutôt l’ILS (Interrupteur à Lames Souples) dont le contact est fermé sous l’action du champ magnétique d’un aimant placé sous la locomotive ; on a alors une seule fermeture pour tout un train mais cette fermeture correspond à la détection de la locomotive et non du dernier wagon.

L’ILS nécessite d’équiper les locomotives d’un aimant. Pour éviter cela et repérer la position d’un train, on peut aussi faire appel à la coupure de voie qui consiste à isoler un petit tronçon de rail et c’est le passage des roues métalliques qui établit le contact entre cette portion de rail et le reste de la voie. Cette technique a été décrite avec la figure 95 du cours EC.

L’inconvénient est que le signal obtenu est fortement parasité car le contact entre roues et voie n’est jamais parfait (car la pose de la voie n’est jamais parfaite) mais on peut améliorer ce signal avec un trigger de Schmitt comme le montre la figure 97 du cours EC. Cette solution se révèle très économique puisqu’un CI trigger de Schmitt peut traiter 6 contacts de voie à la fois et que la coupure sur un rail ne coûte rien.

L’inconvénient du B/P (ou équivalent) est qu’il produit des rebonds (voir figure 14 du cours EP). On peut traiter cela avec quelques lignes de programme si on fait de l’électronique programmable, ou bien avec quelques composants électroniques supplémentaires du genre bascule RS.

Toujours pour rester dans le domaine des capteurs à contact, le contacteur à mercure ou à bille métallique (voir figure 152) permet de détecter une inclinaison ; il est surtout utilisé en robotique mais il peut aussi l’être pour détecter une fin de course de mouvement mécanique (exemple : bras de manège de fête foraine). Suivant l’inclinaison du capteur, le mercure ou la bille métallique fait contact ou non entre plusieurs plots.

Nous verrons demain les capteurs de températures et de luminosité. Et une petite surprise attend ceux qui iront jusqu'au bout de ce chapitre... :siffle:
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Re: Démarrer en électronique

Publié: Jeu 02 Juin 2016, 15:42 
vivement la Image
momo674
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Re: Démarrer en électronique

Publié: Ven 03 Juin 2016, 15:41 
Voici le deuxième volet de ce chapitre. Si le premier capteur ne vous semble pas d'une grande utilité, le deuxième est très souvent utilisé par les modélistes ferroviaires.

Capteurs de température

Je ne crois pas qu’un capteur de température soit d’une grande utilité sur un réseau miniature mais je manque peut-être d’imagination. Néanmoins, ce capteur peut permettre de surveiller un montage électronique pour mettre en marche un système de refroidissement si nécessaire (ventilateur, module Peltier). Nous allons donc en dire quelques mots.

Le plus courant des capteurs de température est la thermistance qui est une résistance dont la valeur varie avec la température. Nous avons ainsi la thermistance à coefficient de température négatif (CTN) dont la valeur de résistance diminue quand la température augmente et la thermistance à coefficient de température positif (CTP) dont la valeur de résistance augmente quand la température augmente.

Dans le montage électronique, la thermistance est montée avec d’autres résistances en diviseurs de tension et c’est la tension aux bornes de la thermistance que le montage électronique mesure soit avec un ampli opérationnel (figure 130 du cours EC ou la thermistance peut être montée à la place de la LDR), soit avec un microcontrôleur capable de lire une tension avec son convertisseur analogique numérique comme il en existe sur le µC des modules Arduino. Ce montage reste simple mais nécessite d’être étalonné soit avec la datasheet du composant, soit en procédant à un étalonnage à partir de température connue avec précision.

Le capteur de température LM 35 est encore plus simple à utiliser avec ses trois broches qui le font ressembler à un transistor. Les deux broches externes sont la masse et la tension d’alimentation qui vaut 5 V et la broche du milieu est la sortie sur laquelle on récupère une tension proportionnelle à la température avec une sensibilité de 10 mV/°C. Cette tension peut encore une fois être lue avec une entrée analogique d’un µC ou d’un module Arduino.

Il existe aussi des capteurs de température communiquant leur mesure sous forme digitale (sur plusieurs bits) grâce à des bus divers (à un seul fil ou I2C, etc…). Ces capteurs sont plutôt à utiliser si vous faites de l’électronique programmable car on est en plein dans le domaine d’utilisation des microcontrôleurs. Par exemple, le capteur DS18S20 donne la température en Celsius avec une résolution de 9 bits, et possède trois broches, deux pour l’alimentation qui va de 3 V à 5,5 V, et une troisième pour communiquer sur le bus à un fil.

Capteurs de luminosité

La cellule photoélectrique ou LDR pour Light Dependant Resistor, est une résistance dont la valeur varie en fonction de la luminosité. Encore une fois, on l’utilise avec un montage diviseur de tension et la tension obtenue au point milieu du montage dépend alors de la luminosité. Cette tension peut être utilisée comme un seuil exploité par un ampli-opérationnel (figure 130 du cours EC), seuil qui va déclencher l’allumage progressif des maisons d’un village du réseau miniature. Cette tension peut aussi être lue par le µC ou le module Arduino (avec l’ordre analogRead). Dans l’obscurité, la résistance des LDR est forte (environ 1 MΩ) et tombe à 100 Ω à la lumière ; en général, on exploite plutôt un seuil et il n’y a pas besoin d’étalonner finement la réponse de la LDR. Disposées sous les rails, les LDR peuvent constituer de bons capteurs de position des trains qui interceptent alors la luminosité ambiante (éclairage du réseau venant d’en haut) lorsqu’ils survolent les cellules photoélectriques.

La photodiode est aussi un capteur de luminosité qu’on peut considérer comme le contraire de la DEL (diode électroluminescente). En effet, la photodiode est conductrice que lorsqu’elle est exposée à une lumière suffisante (généralement dans le domaine infra-rouge). Ce composant est polarisé et la broche la plus longue est l’anode.

En associant une DEL et une photodiode l’une en face de l’autre, on réalise un capteur de position capable de réagir si un objet (par exemple un train) vient interrompre le faisceau lumineux. On parle alors de barrière infra-rouge comme le montre la figure 153. Les deux composants peuvent aussi être montés côte à côte pour réagir si une surface assez réfléchissante renvoie la lumière de la DEL vers la photodiode ; l’ensemble, placé sous la voie, forme un capteur capable de repérer une locomotive avec une étiquette blanche collée sous son châssis. Dans ce cas, un montage électronique très simple peut réagir au signal. Si l’étiquette est munie d’un code barre (même simplifié), le capteur peut envoyer un signal à un µC qui se chargera de l’analyser et sera ainsi capable de reconnaître le train.

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Ces barrières infra-rouges sont extrêmement utiles dans les gares cachées pour indiquer à un opérateur quelles voies sont libres ou occupées.

Le phototransistor remplit la fonction d’une photodiode et d’un transistor amplificateur, ce qui donne une sensibilité bien supérieure à la photodiode (100 à 600 fois plus grande). Par contre, leur temps de commutation est moins rapide, mais ceci n’a pas d’importance pour notre hobby. Lorsqu’il est éclairé, le phototransistor devient passant. On a déjà un peu parlé des phototransistors lorsque nous avons étudié les coupleurs optiques constitués, dans un même boitier, d’une DEL et d’un phototransistor ; on se réfèrera à la figure 31 ou 33 du cours EP.

Les barrières infra-rouges (directes ou à réflexion) telles que nous les avons décrites plus haut peuvent servir de capteurs de positions précises en lisant des secteurs noirs ou blancs sur un disque en rotation (translucide pour une barrière directe et opaque pour une barrière à réflexion). Avec plusieurs capteurs, on peut réaliser un véritable codage en position comme le montre la figure 154 et ceci peut trouver une application pour toutes pièces en rotation sur un réseau ; le lecteur intéressé pourra se tourner vers des ouvrages de robotique où la méthode est souvent utilisée.

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Demain, nous étudierons les autres capteurs à notre disposition ; vous pouvez trouver sur internet tout un tas de montages exploitant ces capteurs, surtout dans le domaine de la robotique. Et si un de ces montages vous plait, vous pouvez toujours le détourner pour l'adapter à votre réseau miniature ; il n'y a pas de grande différence entre un robot et un automate. Et vous avez maintenant toutes les connaissances en électronique (classique ou programmable) pour vous lancer. :wink:

Correction : Peltier au lieu de pelletier. A quoi donc pensais-je ? :clown:
Dernière édition par Arduino le Sam 04 Juin 2016, 17:53, édité 1 fois au total.
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Re: Démarrer en électronique

Publié: Sam 04 Juin 2016, 10:17 
Nous terminerons aujourd'hui notre tour d'horizon des capteurs à notre disposition pour le modélisme ferroviaire. Et au cas où j'aurais oublié quelque chose, n'hésitez pas à prendre la parole pour en faire bénéficier tout le monde... :wink:

Capteurs de champ magnétique

Ces capteurs réagissent à des champs magnétiques en utilisant un effet découvert par le physicien E. H. Hall et de ce fait appelé effet Hall : un champ magnétique perpendiculaire provoque une torsion des lignes de courant dans un conducteur plat traversé par un courant. Il en résulte une tension électrique de Hall proportionnelle au flux magnétique B et au courant I et inversement proportionnelle à l’épaisseur de la plaquette semi-conductrice. Le semi-conducteur est généralement de l’indium dopé à l’arsenic ou à l’antimoine. Le courant circule entre les électrodes 1 et 2 du semi-conducteur et si un champ B s’exerce perpendiculairement, une tension apparait entre les contacts 3 et 4 (voir figure 155).

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La figure 156 montre un montage d’essai pour capteur à effet Hall ; les capteurs unipolaires H501, TLE4935L et TL3020T allument la DEL sous l’effet d’un champ magnétique suffisamment intense, de préférence perpendiculaire au capteur et la DEL s’éteint dès la disparition du champ. Le modèle H601 commute la DEL en réponse à une inversion de polarité du champ magnétique (Sud-Nord).

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En fonction de la sensibilité du capteur au champ magnétique Sud, la distance aimant-capteur peut varier pour obtenir une réponse du capteur (consulter la datasheet du composant).

Pour repérer la position des trains sur un réseau, ces capteurs doivent être montés sous la voie (ou entre les traverses) et les locomotives doivent être munies d’un aimant présentant le pôle Sud vers la voie (donc vers le capteur) ; il est alors généralement plus simple et moins couteux d’utiliser des ILS qui pourront réagir à un champ magnétique qui n’a pas besoin d’être orienté perpendiculairement.

Capteurs de son

Un simple microphone permet de capter un son. Si on associe un émetteur sonore capable d’émettre un son inaudible dans le domaine des ultra-sons avec un microphone, on peut réaliser un détecteur de présence d’obstacles et surtout connaitre la distance de l’obstacle puisqu’on peut mesurer le temps d’aller-retour de l’onde sonore et qu’on connait la vitesse de propagation du son dans l’air.

La figure 157 montre un tel montage. Quelques amateurs l’ont associé à un module Arduino pour déterminer la position d’un train à un endroit bien précis du réseau. Cependant, le dispositif est assez encombrant et difficile à dissimuler dans le décor. Ce capteur est plus adapté à la robotique pour constituer un capteur de proximité (mur, obstacle).

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Capteurs de tension

Ceux qui ont suivi ce cours depuis le début savent qu’il est extrêmement facile de détecter une tension dans un montage électronique, qu’il soit fait en électronique câblée ou en électronique programmable. Ainsi, un courant traversant une simple diode induit une différence de potentiel (tension) aux bornes de la diode. Ce procédé est utilisé pour réaliser des détecteurs d’occupation de canton.

La figure 158 montre le principe de détection. Lorsqu’un engin moteur se trouve sur la portion de voie AB, un courant traverse les diodes et on a alors une tension aux bornes de ces diodes. Le courant n’a pas besoin d’être très important : le dispositif peut détecter le courant qui passe par un produit graphité reliant les roues opposées d’un même essieu, ce qui permet de détecter aussi les wagons donc la totalité d’un train.

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Autres capteurs

Il s’agit là de capteurs qui trouveront difficilement une application au modélisme ferroviaire. On peut citer pour mémoire :
- Capteur de pression
- Capteur d’humidité
- Capteur de présence de gaz (comme CO2 par exemple)
- Capteur de radioactivité

En consultant les sites de marchands de composants, vous trouverez peut-être des capteurs spéciaux que vous pourrez détourner de leur utilisation première pour une application au modélisme ferroviaire.

Voilà, j'espère que ce cours vous a intéressé et vous a donné des idées à mettre en pratique sur votre réseau. Demain, nous mettrons en pratique un des capteurs étudiés pour une application extrêmement utile sur un réseau. Mais chut ! C'est une surprise. Avez-vous une idée de quel capteur il s'agit ? :siffle:
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Re: Démarrer en électronique

Publié: Sam 04 Juin 2016, 10:28 
sujet très intéressant :applause:
J'ai l'intention d'utiliser des capteurs de positions , 3 ième de la figure 153, ainsi que d'une roue codeuse modifiée pour la gestion d'un pont tournant en analogique. Sur la roue placer un trait en noir des diverses voies de sortie de mon pont tournant.
Peux-tu nous dire s'il y a des capteurs plus sensibles à la lecture de la roue, entre le noir et le blanc, et le type de modèle, afin de créer un arrêt face aux traits noirs. :gne:
Le but étant lorsque le trait noir arrive sur le capteur, procéder à l'arrêt de rotation du moteur du pont tournant.
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Re: Démarrer en électronique

Publié: Sam 04 Juin 2016, 16:01 
Tu peux effectivement partir de ce principe et si tu n'as pas de nombreuses voies de sorties, réaliser une roue codeuse simplifiée (par exemple, lecture sur 3 bits permet déjà de différencier 8 voies d'entrée-sortie). Dans ce cas, tu peux utiliser des capteurs à réflexion (avec roue opaque) ou bien à transmission (avec roue transparente) comme ce modèle.

Néanmoins, avant de te lancer dans ce système, je t'invite à prendre connaissance de plusieurs articles écrits par Jean-Luc (jlb sur le forum) qui a motorisé un pont du commerce avec un moteur pas à pas et Arduino. Il y a plusieurs articles et tu dois pouvoir les retrouver ICI.
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Re: Démarrer en électronique

Publié: Sam 04 Juin 2016, 16:54 
Merci pour ta réponse :D
J'ai déjà lu l'article de JLB, qui est très bien documenté, mais sa mise en œuvre hélas un peu compliquée n'étant pas doué en programmation d'arduino :colere:
Aussi je vais m'orienter vers un système plus simple.
Je n'ai pas encore fini la lecture du HS 49, qui donne déjà un aperçu de la future réalisation.
momo674
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Re: Démarrer en électronique

Publié: Dim 05 Juin 2016, 11:27 
Aujourd'hui, c'est l'heure de la surprise que je vous avais promise et comme ce dimanche est plutôt gris et tristounet :cry: et bien sortez vos composants et faites vous plaisir... :D

Conception d’un block système

Puisque nous avons parlé de détecter une tension, je vous propose de terminer ce chapitre en mettant en principe ce qui vient d’être expliqué, histoire de réaliser un montage ayant une application pratique au modélisme ferroviaire. Vous avez maintenant suffisamment de connaissances en électronique pour concevoir étape par étape un block système pour protéger un canton. Je me suis inspiré d’un montage paru dans la revue « Génération électronique » aujourd’hui disparue, montage que j’ai légèrement modifié.

La figure 159 montre le schéma complet alimenté en 9 V ; nous allons maintenant en expliquer la conception et le calcul des composants. Commençons par la partie détection du train sur fond bleu. La présence d’un engin consommant du courant de la voie (engin moteur par exemple) implique que ce courant traverse les deux diodes D1 et D2. Nous en avons mis deux en série pour avoir une tension plus élevée aux bornes de l’ensemble : ici elle est de 1,2 V. La diode D3 permet au courant de passer si on inverse la polarité pour effectuer une marche arrière : dans ce cas, le block système n’a plus de signification mais au moins la locomotive peut reculer.

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La tension aux bornes de D1 + D2 est suffisante pour rendre passant un transistor NPN par l’intermédiaire d’une résistance limitant le courant de base du transistor, mais ce montage ne serait pas fiable. En effet, l’engin moteur ne capte pas toujours très bien le courant à cause de l’imperfection de la pose de la voie (on en a déjà parlé) et le transistor ne ferait qu’amplifier un signal parasité. Comme ce signal doit commander DEL et relais, on aurait déjà des DEL qui clignoteraient.

C’est pourquoi on utilise une résistance R1 pour charger un condensateur C1 ; lorsque les roues captent le courant, le condensateur se charge. Lorsqu’elles ne captent plus, le condensateur se décharge mais la diode D4 est là pour que sa décharge se fasse vers le transistor T1 via la résistance R2. Vous avez compris que le rôle du condensateur est de fournir du courant à T1 même quand les roues ne captent plus le courant, ce qui n’est pas nouveau puisqu’on a souvent utilisé les condensateurs pour pallier les manques en courant électrique.

Il n’y a pas besoin que le condensateur C1 soit très gros : 22 µF c’est très bien (valeur estimée plus que calculée). La diode D4 va provoquer une chute de tension mais si on choisit un modèle au germanium ou bien une diode Schottky, cette chute ne sera que de 0,3 V. Nous étions partis de 1,2 V, il reste donc 0,9 V aux bornes du condensateur C1. Entre la base et l’émetteur de T1, on a une différence de potentiel de 0,6 V (voir cours EC), la résistance R2 doit chuter encore 0,3 V et surtout limiter le courant de base pour que le condensateur C1 ne se décharge pas trop rapidement.

Si nous faisons travailler T1 avec un courant collecteur de 2 mA et si son gain est de 100, le courant de base doit être égal à 2/100 soit 20 µA. La loi d’Ohm nous donne la valeur de R2 soit 15 kΩ. Pour avoir un peu de marge, on prend 10 kΩ.

La résistance R1 pourrait être absente, mais son rôle en fait est de protéger la diode D4 au germanium en cas de court-circuit sur la voie (engin qui déraille par exemple). Dans ce cas, la tension maximale se retrouverait aux bornes de D4 et C1. Si on part d’une tension maximale de l’ordre de 20 V, en choisissant une résistance R1 de 220 Ω, on limite le courant dans D4 à 10 mA ce qui est parfait.

Sur le collecteur de T1, nous récupérons un signal d’occupation propre qui va nous servir à commander la suite du circuit. Rappelons-nous que T1 est passant et saturé lorsqu’il y a présence d’un train et T1 est bloqué en absence de train. Voyons maintenant la partie traitement de l’information sur fond orange.

Pas de train dans le canton N, donc T1 bloqué, donc T2 et T3 passant. Le feu doit être vert dans le canton (N – 1) et le courant y est établi.

T2 commande le feu vert qui est une DEL verte (tension de seuil de l’ordre de 2 V) qu’on alimente avec un courant de 20 mA pour qu’elle soit bien brillante. La résistance R6 doit avoir une valeur de 350 Ω (on peut prendre 330). Si T2 a un gain de 100, on peut calculer la valeur de la somme R3 et R4 pour que le transistor soit saturé (courant de base de 200 µA) :

(9 – 0,6)/0,0002 = 42000 Ω

Nous sommes partis de l’hypothèse d’un courant de collecteur de 2 mA pour le transistor T1, ce qui donne pour calculer R3 :

(9 – 0,6)/0,002 = 4200 Ω (on choisira 4700)

Dans ce cas, R4 = 37300 Ω.

Encore une fois, pour être certain que T2 soit bien saturé, on prendra R4 = 15 ou 22 kΩ.

En même temps qu’on allume la DEL verte, il faut mettre le courant dans le canton (N – 1) ; c’est le rôle de T3 qui commande le relais. Avec un mini relais qui ne nécessite que 100 mA pour coller et toujours en supposant un gain de 100 pour T3, il faut un courant de base de 1 mA donné par les résistances R3 et R5. Le calcul de R3 + R5 donne :

(9 – 0,6)/0,001 = 8400 Ω et comme R3 a été fixée à 4700 Ω, nous obtenons que R5 doit être au plus égale à 3700 Ω. Par sécurité pour bien saturer T3, nous prenons 1800 Ω.

La diode D5 est une diode de roue libre comme il faut en installer quand on utilise les relais (voir cours EC). C’est lorsque le relais colle qu’il envoie le courant à la voie (position travail) et ceci est une mesure de sécurité car si le relais devient hors service et qu’il ne colle plus, alors la voie est non alimentée ce qui arrête le train même si ce n’est pas nécessaire.

Train dans le canton N, T1 passant, donc T2 et T3 bloqués, donc T4 passant. Le feu doit être rouge et le courant coupé dans le canton (N – 1).

Le feu rouge est une DEL rouge qu’on alimente avec un courant de 15 mA car elle est déjà plus lumineuse que la DEL verte. Le calcul classique de la résistance R7 donne 480 Ω. La diode D6, dans l’émetteur de T4, est là pour remonter à 1,2 V le seuil de conduction du transistor. Cette précaution permet de ne pas voir le feu rouge s’allumer faiblement lorsque le relais est collé. En effet, la tension de saturation de T3 pourrait se rapprocher dangereusement du seuil de conduction de T4 ; avec cette diode qui élève le seuil de conduction de T4, on est sûr que cela n’arrivera pas.

Pour que la DEL soit alimentée par un courant de 15 mA, et toujours en supposant que T4 a un gain de 100, le courant de base de T4 doit être de 150 µA. La résistance du relais est de 90 Ω (puisqu’il colle sous 9 V avec un courant de 100 mA), alors la résistance maximale de R8 doit être de l’ordre de 45 kΩ. On peut choisir pour bien saturer T4 une valeur de 22 kΩ pour R8.

La loi d’Ohm nous a permis de calculer les valeurs des composants à utiliser. Comme le gain des transistors peut être différent de la valeur annoncée, il est bon pour être certain de bien saturer le transistor, de choisir des valeurs de résistances de base égales à la moitié du calcul, ce qui donne une marge de sécurité. Comme vous le voyez, la valeur des composants n’est pas toujours critique pour qu’un montage fonctionne.

Construit en un exemplaire, ce montage peut vous permettre de commander un signal à deux feux dans un endroit bien stratégique de votre réseau, là où il se verra bien et quel plaisir de voir le feu changer lorsque le train passe. Construit à plusieurs exemplaires vu son prix économique dû à des composants très courants, vous obtenez de quoi faire un véritable cantonnement et quel plaisir de voir les trains de suivre sans jamais se rattraper :coeur1:
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Re: Démarrer en électronique

Publié: Dim 05 Juin 2016, 11:36 
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Qu'elle usine à gaz :!:
Quand on pense au schéma électrique de Mr Chenevez.
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Bon c'est d'une autre époque. Loco Revue 239 et 240. On en est au 827 :wink:
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Re: Démarrer en électronique

Publié: Dim 05 Juin 2016, 13:44 
Bonjour Alain,

Usine à gaz ? :lol: Oui et non.

Tout d'abord, cela semble compliqué parce que j'ai pris le temps d'expliquer le calcul des composants, ce qui est donc plus un exercice académique qu'un montage pratique qu'on peut recopier. Mais c'est la preuve aussi que la simple loi d'Ohm permet déjà de calculer pas mal de choses ! Et j'espère que ceux qui auront fait l'effort de tout lire seront contents d'avoir compris les principes appliqués.

L'allumage des signaux est dévolu à deux transistors mais pourrait aussi se faire par le relais si on en choisit un qui a plus de contacts (repos = rouge + canton non alimenté, travail = vert + canton alimenté). Dans ce cas, le schéma se réduit à T1 et T3, ce qui pour un électronicien est moins élégant.

Enfin, pour illustrer le cours, c'est surtout la partie bleue du schéma qui est intéressante ; moi derrière, j'y mettrais plutôt du µC !

Bon, je reconnais qu'il en faut pour tous les goûts (de l'électromécanique, de l'électronique et de l'informatique), mais le monde change et les techniques aussi. Mais cela tu le sais puisque tu as quitté Chenevez pour le DCC (et je pense que tu ne le regrettes pas, n'est-ce-pas ?) :wink:
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Re: Démarrer en électronique

Publié: Dim 05 Juin 2016, 13:53 
J'ai pris la précaution d'ouvrir et de fermer un mode humour. :wink:
Évidemment, j'ai quitté le bloc Chenevez. Je ne l'avais même pas adopté, si ce n'est quelques essais néanmoins concluant. Tout au moins avec des ampoules ou des moteurs.
Avec un copain, nous avions déjà transistorisé la chose
L'idée de la détection était quand même identique. Extraire un courant aux bornes d'une diode en série avec le consommateur.
Au fait, je ne regrette pas non plus les postes radios à galène :ange:
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Re: Démarrer en électronique

Publié: Lun 06 Juin 2016, 18:29 
Pas de problème Alain, j'avais bien compris ton mode humour.
Mais j'ai voulu développer un peu pour que les autres lecteurs comprennent que ce montage était surtout fait pour mettre en pratique "Comment calculer ses composants ?" dans un montage qu'on conçoit soi-même.

Quant à Chenevez, j'admire ce qu'il a apporté au modélisme ferroviaire. Quand j'étais enfant, j'ai beaucoup rêvé de ces trains miniatures qui s'arrêtaient devant un signal au rouge et repartaient quand le signal repassait vert. Tout cela, on le voyait dans les grands magasins à la période de Noël et on aurait bien aimé que le :noel: nous apporte tout cela. :wink:
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Re: Démarrer en électronique

Publié: Lun 06 Juin 2016, 21:57 
adepte et satisfait pendant 20 ans des "principes Chenevez" j'ai reconduis quelques-uns de ses fondamentaux lors de l'électronification/informatisation de Villeneuve :
- détection par conso (essieux graphités)
- transfert de la tension traction avant le franchissement de la limite de canton (s'il est libre bien sûr)
- changement de la vitesse du train uniquement à la vue du signal (entrée dans la zone "d'arrêt"), surtout s'il a changé d'indication avant l'arrivée du train
- longueur du train indépendante de la longueur des cantons, pratique pour la pousse en queue (toutefois le logiciel ayant besoin de limites nous avons fixé à 5 le nombre de cantons occupables par un même train - cela nous sert aussi pour détecter les ruptures d'attelages...)
- report du signal vu par le train sur la télécommande pour la conduite "manuelle", mais uniquement pendant le parcours de la zone d'arrêt devant le signal, histoire de corser un peu la chose
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Re: Démarrer en électronique

Publié: Ven 10 Juin 2016, 19:19 
Je viens de rééditer un lien de téléchargement pour mon cours d'électronique. Cette fois, vous avez les PDF de l'ensemble du cours (électronique classique ET électronique programmable). Bien sûr, vous ne garder que ce que vous voulez. :lol:

Pour obtenir le lien, il suffit de me le demander à mon adresse mail réservée pour le train miniature :
christian.bezanger@gmail.com

Ce lien est valide jusqu'au 17 juin, alors ne tardez pas à faire la demande, et rassurez-vous, je n'utilise votre adresse que pour vous répondre ! 8)
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Re: Démarrer en électronique

Publié: Lun 13 Juin 2016, 18:27 
pour Arduino ET Prevost :moi:
quand je lis les derniers messages du forum Numérique je pense qu'il va devenir urgent de créer un fil : "Démarrer en Informatique, Transmission de Données et Programmation" :clown:

aïe, pas sur la tête, aïe, tiens salut Roger t'es dans la police maintenant, aïe :ange3:

OK :arrow:
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